L'Échelle du souffle › Qui encadre les séances
Les professionnels de l'APA, qui vous encadre et avec quelle formation
Derrière une séance d'activité physique adaptée, il y a une personne formée pour cela. Laquelle dépend de votre situation, et vous avez parfaitement le droit de savoir à qui vous avez affaire.
Pourquoi tout le monde n'encadre pas tout le monde
Quand on entend « sport sur ordonnance », on imagine parfois un coach de salle de sport qui ferait un peu attention. Le cadre est plus précis que cela. Depuis la loi du 26 janvier 2016, et le décret de décembre 2016 qui en fixe les conditions, l'encadrement dépend du niveau de limitation fonctionnelle de la personne : minime, modérée ou sévère. Autrement dit, de ce que votre corps fait aujourd'hui sans difficulté particulière, et de ce qui lui demande de l'aide.

L'idée est simple : plus les limitations sont importantes, plus il faut une formation proche du soin. Pour des limitations minimes, l'éventail des encadrants possibles s'élargit. Ce sont des repères généraux ; c'est l'évaluation faite au départ, avec l'avis du médecin, qui oriente vers tel ou tel profil.
Trois grandes familles d'encadrants
On peut ranger les personnes habilitées en trois groupes. Elles ne font pas le même métier, mais toutes savent adapter un exercice à une personne qui ne peut pas pratiquer dans des conditions ordinaires.
Les professionnels de santé
Masseurs-kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychomotriciens : ils ont une formation de santé et connaissent les situations de santé complexes. On les retrouve surtout lorsque les limitations sont sévères. Une nuance compte : une séance d'activité physique adaptée encadrée par un kinésithérapeute n'est pas une séance de rééducation. La rééducation relève des soins ; l'activité adaptée se situe entre le soin et le sport ordinaire.
Les enseignants en activité physique adaptée
Ils sont diplômés de la filière STAPS, les sciences et techniques des activités physiques et sportives, avec la mention activité physique adaptée. Leur métier consiste justement à construire des séances pour des personnes qui ont des besoins spécifiques : maladie chronique, handicap, grand âge, longue période sans bouger. On les croise dans les Maisons Sport-Santé, les associations, certains établissements de santé ou des structures d'accueil.
Les éducateurs sportifs qualifiés
Troisième groupe : les éducateurs sportifs et les autres personnes titulaires d'une qualification reconnue pour encadrer ces publics. On les rencontre souvent dans les clubs qui ont ouvert des créneaux adaptés, qu'il s'agisse de marche nordique, de gym douce ou d'aquagym à la piscine municipale. Ils accompagnent plutôt les personnes dont les limitations sont minimes.
Et le médecin, dans tout ça ?
Le médecin ne vient pas aux séances, mais il reste au centre. C'est lui qui prescrit, après un échange avec vous. Depuis la loi du 2 mars 2022, ce n'est plus seulement le médecin traitant : tous les médecins qui participent à votre prise en charge peuvent le faire, et la prescription ne se limite plus aux affections de longue durée. Pour le détail, voyez ce que prévoit la loi pour les patients.
L'ordonnance précise l'activité, sa durée, sa fréquence, son intensité, et surtout les contre-indications ou précautions. C'est ce document qui fixe à l'encadrant ses limites de travail. Si votre état change, c'est vers le médecin qu'il faut revenir, pas vers la salle.
La même loi de 2022 a donné un rôle nouveau aux masseurs-kinésithérapeutes : ils peuvent renouveler la prescription et l'adapter, sauf si le médecin a indiqué le contraire. En pratique, cela peut éviter un rendez-vous de plus quand tout se passe bien et que les séances doivent simplement continuer ou évoluer un peu.
Comment vérifier une qualification
Demander à quelqu'un sa formation peut sembler gênant. Ça ne l'est pas : un encadrant sérieux s'attend à la question et y répond volontiers. Vous pouvez demander simplement quel diplôme il a, s'il a déjà accompagné des personnes dans une situation proche de la vôtre, et à quel titre il encadre ces séances.
Quelques indices rassurent. Un professionnel de santé exerce sous un titre réglementé. Un enseignant en activité physique adaptée peut vous dire quelle licence ou quel master il a suivi. Un éducateur peut citer la qualification qu'il détient. Si la structure est une Maison Sport-Santé, elle a reçu un label des ministères chargés des Sports et de la Santé, ce qui suppose un cadre. Un label ne dispense pas pour autant de poser vos propres questions.

Méfiez-vous plutôt des promesses. Quelqu'un qui vous annonce des résultats spectaculaires sur votre maladie, ou qui vous suggère de laisser de côté les consignes de votre médecin, sort de son rôle. Un bon encadrant parle de régularité, de confort, de progrès à petits pas, et vous renvoie vers le médecin dès qu'une question dépasse son métier.
Les questions à poser avant de s'engager
Avant de vous engager pour plusieurs mois, prenez le temps d'une petite conversation, au téléphone ou sur place. Voici ce que l'on peut demander sans aucune gêne :
- Comment se déroule le rendez-vous d'évaluation au départ, et sera-t-il refait ensuite ?
- Les séances sont-elles individuelles ou en groupe, et combien de personnes y a-t-il par groupe ?
- Que se passe-t-il si je me sens mal pendant une séance ?
- Comment l'encadrant échange-t-il avec mon médecin, si besoin ?
- Quel est le tarif, et existe-t-il une séance d'essai ?
Écoutez aussi la manière dont on vous répond. Une personne qui prend le temps, qui reformule vos craintes et qui parle de vos limites sans dramatiser est souvent un bon signe. Pour le prix, sachez qu'en général l'Assurance maladie ne rembourse pas ces séances ; les aides qui existent parfois dépendent de votre mutuelle et de l'endroit où vous vivez.
Et si le courant ne passe pas, vous avez le droit d'aller voir ailleurs. La prescription ne crée aucune obligation pour vous. Une relation de confiance avec la personne qui vous accompagne, celle que vous retrouverez chaque mardi ou chaque jeudi, vaut bien une seconde visite avant de vous décider.